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Revente du dématérialisé : pourquoi les éditeurs y gagneraient aussi

13 mai 2024
Revente du dématérialisé : pourquoi les éditeurs y gagneraient aussi

Les éditeurs redoutent la revente comme ils redoutaient jadis le piratage : ils y voient un manque à gagner. Cette peur, à l'examen, ne résiste pas — un marché de l'occasion numérique encadré servirait aussi leurs intérêts. Voici pourquoi.

1. Élargir la base de joueurs

Tout le monde n'a pas les moyens d'acheter chaque jeu au prix fort. L'occasion permet à ceux qui ont moins d'argent de découvrir un titre qu'ils auraient sinon ignoré. Or un joueur conquis par le premier épisode d'une série est un futur acheteur — au prix plein, cette fois — du deuxième. On n'achète pas la suite d'une histoire qu'on n'a pas commencée : le marché de l'occasion nourrit les ventes neuves à venir.

2. Un revenu sur chaque revente

C'est la différence majeure avec l'occasion physique. Aujourd'hui, quand un joueur revend un disque, l'éditeur ne touche rien — tout va au revendeur. Dans un système de licence numérique transférable, la loi peut prévoir qu'une commission revient à l'éditeur à chaque revente. L'occasion cesse d'être une perte pour devenir un flux de revenus récurrent.

3. Un marché maîtrisé

Contrairement à l'occasion physique, incontrôlable, un marché numérique encadré est régulable : traçabilité des licences, règles de prix, plafonds éventuels. L'éditeur garde la main sur son écosystème au lieu de le subir.

4. Rétablir la confiance

Chaque fermeture de serveur, chaque jeu rendu injouable, chaque revente refusée abîme un peu plus le lien de confiance avec les joueurs. Offrir un vrai droit de revente, transparent et équitable, c'est répondre à une attente profonde — et transformer une source de colère en argument commercial.

La question n'est pas de savoir si ces droits arriveront, mais quand. Autant que l'industrie construise ce marché à son avantage, plutôt que d'y être contrainte plus tard, dans de moins bonnes conditions.

Le cadre proposé est détaillé dans notre proposition de loi pour une revente équitable.

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Commentaires (1)

Antoine V.il y a environ 1 heure

Enfin une analyse sérieuse sur le sujet. Les CGU des éditeurs sont vraiment abusives et il était temps que quelqu'un les décortique.

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